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Documentaire, 90', témoignages des femmes qui ont vécu la guerre d'Algérie : combattentes FLN, ALN ou OAS, EMSI, musulmanes, juives ou pieds noirs de toutes confessions,

Extrait d’interview: Wassyla TAMZALI, famille...

Publié le 13 Mars 2013 par Guerre d'Algérie, mémoires de femmes-le film

Extrait d’interview: Wassyla TAMZALI, famille...

Extrait d’interview: Wassyla TAMZALI, famille nationaliste algérienne

Quels sont vos premiers souvenirs d’enfance ?
Une enfance heureuse, très privilégié, dans une grande maison au bord de la mer, très patricien, comme on dit, beaucoup de fortune, une famille qui s’est ouvert sur l’occident, qui a envoyé ses fils à l’école depuis très longtemps. Les frères de mon grand père sont avocats, médecin, sénateurs, on fait de la politique, donc s’est une famille qui occupe un rôle social très important en Algérie. Mon grand oncle signe les billets de banque qui sont émis en Algérie pendant la 2e guerre mondiale comme trésorier général adjoint de la banque d’Algérie. Mais c’est un poste honorifique puisque c’est un industriel et que ma famille possède des fermes.
Comment votre famille a acquis cette richesse ?
En travaillant, uniquement en travaillant difficilement parce que la position des indigènes –ma famille est resté indigène jusqu’à la fin de la guerre –avaient beaucoup de difficultés, ils étaient pas du tout aidés, tandis que les pieds noirs étaient très aidés par des fonds, par des prêts, par les banques. Par exemple ma famille produisait de l’huile qu’elle était obligé de vendre en Allemagne et en Amérique latine parce qu’en Algérie il y avait un monopole d’huile française.
Vous êtes allé dans une école indigène ?
Il n’y avait pas d’école indigène. je dis indigènes avec un esprit critique parce que c’était notre statut, le statut d’indigènes. Il y avait d’écoles où il y avait que des indigènes parce que c’était des écoles de la campagne, mais beaucoup de mes camarades pieds noirs – parce que j’avais beaucoup d’amis pieds noirs – étaient dans des écoles à la campagne où il y avait que des indigènes. D’ailleurs la, beaucoup ont appris après l’arabe ! Mais il n’y a pas d’écoles pour indigènes et d écoles pour non indigènes. Il y avait des écoles coranique et il y avait l’école française qui était l’école de Jules Ferry, c’était l’école publique. A l’indépendance il y a 8 % des personnes alphabétisés, ça veut dire que les écoles n’étaient pas fréquentées par beaucoup d’algériens puisqu’il avait que 8% d’algériens qui savaient lire et écrire.
Est ce que vous avez eu des amis parmi les pieds noirs ?
Beaucoup, ce sont des amis d’enfance que je continu à voir d’ailleurs, que j’ai retrouvé suite à la publication d’un livre sur ma vie. J’ai retrouvé beaucoup, beaucoup d’amis de classe. J’ai retrouvé même mon institutrice de cm2, je l’ai revu à Perpignan quant je suis allé présenter mon livre, elle était très contente de me voir et elle m’a raconté comment elle et son mari, qui étaient des républicains espagnoles, ont défilé pour les droits des algériens, pour l’Algérie indépendante. Donc il y avait parmi les pieds noirs des gens que je continue de voir, qui étaient des gens qui avaient compris la nécessité absolue de l’indépendance de l’Algérie.
Vous avez ressenti vous-même la discrimination ?
C’était difficile parce que j’appartenais a une classe très privilégiée ; bon, nous étions la famille la plus connue de la ville ou je vivais mais aussi à Alger, la capitale, donc nous étions très privilégiés.
Par contre, très vite ma famille est devenue nationaliste. D’ailleurs le nationalisme est né dans la bourgeoisie, dans la petite bourgeoisie, ce n’est pas les paysans qui ont pansé la nation algérienne. La nation algérienne c’est un concept moderne, mais peu à peu tout le peuple algérien c’est engagé dans la lutte, parfois on l’a même obligé de s’engager, et puis je crois que les exactions qui ont commis l’armée française ont poussé tous les algériens dans le camps des nationalistes. Pas tous parce que certains sont devenus harkis, comme vous le savez, pour la plupart n’ont pas eu de choix…Quand on entend aujourd’hui la représentante des harkis, elle dit très bien que les harkis n’ont pas fait une guerre contre l’Algérie, mais sens doute contre le FLN qui était le Front de Libération Nationale et contre les exactions de FLN. Vous savez, à partir de 1958, même avant, l’indépendance de l’Algérie était acquise…

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